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 Psychanalyste-Paris.com - Christophe Bormans, Psychanalyste

Psychanalyste-Paris.com - Christophe Bormans, Psychanalyste

Le site du psychanalyste Christophe Bormans propose des articles théoriques et pratiques sur la psychanalyse et les sciences humaines : naissance de la psychanalyse, grands cas de Freud, Faq consultations.

Christophe Bormans, psychanalyste
11, rue Fénelon - 75010 Paris
Tél. : 01 40 41 07 27

www.psychanalyste-paris.com | Détails
Catégorie : Accueil > Approches > Psychanalyse

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  • ?dipe face à l'énigme de la violence -
    Tout est affaire de décors
    Changer de lit changer de corps
    À quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui moi-même me trahis
    Moi qui me traîne et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays

    « Corps trahis à l'aune du moi idéal, pays imaginaire où l'ombre du soleil vient s'échouer aux confins de l'imago maternelle. L'aspect répétitif et presque rituel de ce ratage monotone et mélancolique est appelé, dès le début du poème, par l'air lancinant de la traditionnelle chanson allemande du Lieber Augustin : ?Ah ! Mon cher Augustin, tout est fini, fini.? À la magie du signifiant qui ne signifie rien, le Bierstube de l'Autre langue suit l'extraordinaire condensation du n?ud des pulsions phalliques : le lait du sein maternel et ?les lèvres gourmandes? de la pulsion orale conjointes au regard évoqué par les ?amandes? des yeux sont ici non pas tant convoqués que véritablement invoqués par la demande de la voix dont le fredonnement implique la répétition. La pulsion de mort est finalement apaisement de la jalousie décrite par le saint du même nom, dépeignant l'horreur qu'il éprouve à l'image du frère cadet attaché à la mamelle de sa propre mère (saint Augustin, Confessions, Livre I, chapitre VII). C'est de cette coupure (ablactation) que s'instaure le rien de la pulsion sexuelle dans son intrication intime à la mort représentée par le tableau de B?cklin (Le Toteninsel ou L'île des morts, 1880), dont on sait qu'il a été peint en réponse à la sollicitation d'une jeune veuve qui souhaitait fixer sa rêverie sur une image appropriée à la circonstance. Le poème en une abréaction symbolique retrouve la mémoire de la sexualité première : la chambre comme lieu clos, le peignoir qui s'ouvre sur la nudité du corps de la mère, la bouilloire se substituant à la voix de la berceuse. La lumière et la transparence viennent buter sur le roc du mystère de la mort et du sexuel peint par le maître suisse. À la non-reconnaissance de sa propre image au miroir ou à l'image prodigieuse et jubilatoire à jamais perdue succède le vertige du vide, de l'inconscient. Ce stade est incontournable, nous dit le poète, et marque à jamais l'image du petit de l'homme : c'est ?ainsi que les hommes vivent?. » (C. Bormans, ?dipe face à l'énigme de la violence ).

    - Articles psychanalyse / , ,

  • Genèse de la violence et violence de la Genèse -
    « Au sortir du paradis terrestre (sevrage, ablactation), Caïn, le premier né, est surpris par l'image de son frère nouveau-né, Abel, attaché à la mamelle de la mère de tous les hommes, Eve : ?Elle enfanta encore son frère Abel? (4,2). Le regard de l'Éternel sur cette offrande est regard de la mère sur cet enfant auquel elle offre son sein, image qui réactive une chute, dont la Genèse témoigne du caractère par trop précipité et ravageur. Au sortir de l'Eden, Caïn est littéralement ?surpris par l'intrus dans le désarroi du sevrage?, et tel l'enfant observé par saint Augustin, ?il le réactive sans cesse à son spectacle?. Il régresse immédiatement et ?réagit? rapidement ?par la destruction imaginaire du monstre? qui n'est autre que le simple reflet inversé de son propre désir, renvoyant ainsi Abel et l'inceste consommé dans les profondeurs des entrailles d'où il sort, celles de ?la terre qui a ouvert sa bouche? comme le précisent les Écritures (4,11). Caïn, désormais ?errant? et ?vagabond sur la terre?, est condamné - telle une fourmi sur la surface topologique -, à ne jamais pouvoir y entrer si ce n'est qu'à sa propre mort ; il inaugure par là même le prototype du fantasme et de la culpabilité obsessionnelle.
    Ce que nous enseigne tout aussi bien la Genèse que la lettre lacanienne, c'est que ?la jalousie humaine?, en formant son objet, ?se révèle comme l'archétype des sentiments sociaux?. L'éternel ?Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance? ou ?le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je, telle qu'elle nous est révélée dans l'expérience psychanalytique?, signifie que la confrontation au désir incestueux (ou imago maternelle) est non seulement incontournable, mais surtout qu'elle révèle la violence inaugurale et constitutive du sujet de l'inconscient. » (C. Bormans, Genèse de la violence et violence de la Genèse). - Articles psychanalyse / , ,

  • Échange et travail -
    « La notion de chômage ne fait son apparition que très tardivement dans le débat économique. En effet, il faut attendre le début du XXe siècle, pour qu'une véritable réflexion théorique s'organise autour de ce problème. La raison peut sembler cruelle, elle a cependant le mérite d'être simple : tant que la mort fait partie intégrante de la vie, la notion de chômage n'a aucune raison d'exister. En termes freudiens, l'on dirait qu'il faut attendre que les civilisations refoulent la mort, pour voir émerger la notion de chômage. Or, dans la pensée classique, rien de tel. Le raisonnement des économistes classiques ne laisse subsister aucune ambiguïté à cet égard. (...) D'ailleurs, le révérend T. R. Malthus ne mâche pas ses mots lorsque, dans la préface à la première édition de son célèbre Essai sur le principe de population, il déclare : ?Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s'il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu'il peut justement lui demander, et si la société n'a pas besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture et, en fait, il est de trop au banquet de la nature ; il n'a pas de couvert vacant pour lui. Elle lui recommande de s'en aller et elle mettra elle-même promptement ses ordres à exécution.? » (Ch. Bormans, Échange et travail). - Sciences Humaines et Psychanalyse

  • Échange et monnaie -
    « La monnaie cristallise et, historiquement, émerge, de notre rapport à la mort, au désir et à la loi. Tant que ce rapport ne sera pas clarifié par les agents économiques, cette monnaie, cet argent plus ou moins liquide comme de la confiture, sera amassé dans un unique but, celui de se procurer une immortalité qui ne pourra être qu'illusoire et factice, et les pires conséquences en sont à craindre pour l'ensemble du système économique. C'est ce que précise l'un des plus ardents disciples et fidèles de J. M. Keynes, en rendant hommage à son article de 1937 :
    - ?La possibilité d'un chômage massif général procède du rapport d'une institution humaine, celle de la monnaie, à la nature élémentaire de l'existence humaine, au voyage infini de l'être humain dans le vide du temps.? (G. L. S. Shackle) » (Ch. Bormans, Échange et monnaie). - Sciences Humaines et Psychanalyse

  • Salpêtre hier ; « Aujourd'hui Madame » -
    « Qu'est-ce que le Salpêtre ? Un vieux mot, qui provient du latin médiéval Salpetræ, qui veut dire - nous dit le Petit Robert : ?Sel de pierre?. Nullement étonnant que Freud, pour en sortir, s'engouffre dans Notre Dame aux abords de laquelle les gargouilles béantes - sel du saint-esprit, ou phallus-presqu'ailés -, semblent vouloir venir se poser, comme le vautour de Léonard, non pas entre ses lèvres, mais entre cette trompe qu'est l'oreille de Freud-Sainte Vierge à l'occasion. ?Saperlipopette !? s'étonnait Tryphon Tournesol, cet astronome singulier, botaniste à ses heures tout comme Freud, et passionné d'occultisme et de parapsychologie. Sourd comme un pot ! il tend, lui, son cornet acoustique entre le tout et le rien, c'est-à-dire entre le capitaine ad hoc (?à cet effet?) et Tintin (?rien du tout !?) ; il nous criait-là un euphémisme de ?Sapristi? - dont les oiseaux de Schreber raffolaient -, c'est-à-dire un euphémisme de sacré ! ?Nom de nom? préférait Lacan !
    - On sait que, juste avant de venir à Paris, Freud a raté de peu l'invention de la cocaïne ; mais en a-t-il pour autant raté l'invention de la poudre ? Poudre de perlimpinpin pour ce beau livre blanc et bariolé tout de même baptisé de ?noir?. Preuve s'il était besoin d'en apporter, que le signifiant lacanien est en pleine effervescence chez ses auteurs : eux sont bien arrivés à ?Hommes?, et ils ne comptent pas en repartir de si tôt ! » (Christophe Bormans, Éditorial). - Éditorial / ,

  • Das Ding chez les Tontons flingueurs -
    « La métaphore comme déni de la métonymie donc, et de ce fait, dans le cas qui nous préoccupe, le Vautour, qui vient là comme une métaphore, qui vient rompre avec la métonymie des désirs maternels de Léonard de Vinci.
    Métaphore de Freud également, qui s'adressant à Jung à son retour de ce fameux et fabuleux voyage d'Amérique, lui met entre les pattes ce Vautour, bref lui met entre les griffes, entre les serres, la question de la transmission psychanalytique.
    - La métaphore, comme une hérésie (RSI) vient briser la série (SRI). C'est-là le déplacement de la lettre, la père-mutation du n?ud borroméen !
    C'est comme ça que l'analyse dénoue les symptômes : dîtes ce qui vous passe par la tête, autrement dit faîtes série (SRI), vous tomberez, tôt ou tard, sur le futur antérieur de la métaphore, sur l'hérésie (RSI), sur l'hérésie de votre propre structure psychique, de votre propre trou-matisme.
    Pour qui se soumet à cet exe-RSI-S, doublement symbolique donc, ça ne peut pas manquer... La cure analytique, la cure par la parole, la cure par la série - la cure par le SRI -, pour qui la tient par le bon bout, par le bon bord, par le bor-roméen, est d'une efficacité thérapeutique qui ne sera jamais égalée » (C. Bormans, Das Ding chez les Tontons flingueurs). - Séminaires / , ,

  • Sarkozy, Schreber et le peer-to-peer -
    « Et c'est bien là qu'en sont les Majors, persuadées de comprendre, elles, la création artistique (qu'elle soit musicale, cinématographique, etc.), persuadées qu'elles sont d'en avoir le monopole de cette création, eh bien elles s'autorisent, à l'instar du délirant Schreber, à ?ch... sur le monde entier?.
    C'est donc une lutte vaine que celle des Majors contre le téléchargement, contre la congélation de la musique. Car si on télécharge de la musique (des voix), des films (du regard), bref de la pourriture quoi, des objets a, excréments, seins, etc., sur Internet, c'est, soyons-en assurés, pour ne rien en faire, ou plutôt, en faire ?rien?, ce ?rien? étant l'immatérialité psychique dans laquelle se cristallise véritablement cet objet a » (C. Bormans, Sarkozy, Schreber et le P2P). - Éditorial

  • Freud et le souvenir d'enfance de Léonard de Vinci -
    « Ces Knödel, - ces boulettes de la mère -, associées, ici, avec la fourrure du pardessus, la longue queue, la petite barbe en pointe, les turqueries, un Freud ?stupéfait? par la démonstration ad oculos... Ça nous parle quand même un peu tout ça :
    ?Mon rêve des trois Parques, dit Freud beaucoup plus loin, est un rêve de faim, très net, mais il ramène le besoin de nourriture à la nostalgie de l'enfant pour le sein maternel et il utilise un penchant innocent pour en couvrir un plus grand qui, lui, ne peux s'extérioriser franchement? (Traumdeutung, p. 204).
    Réfléchissons : ne serait-ce pas là ce penchant plus grand du rêve des Knödel, qui viendrait, justement, faire irruption dans le sujet qui nous préoccupe, - au travers de ce ?Vautour-Geier? du Souvenir d'enfance de Léonard de Vinci ? Non pas tant, ici, comme un lapsus, encore moins comme un jugement conscient, que les auteurs du Livre noir s'empressent bien vite à qualifier de ?mauvaise foi?, mais bien comme un jugement inconscient, quelque chose qui serait ici de l'ordre de ce que Freud qualifiera de ?Verleugnung? dans son article sur le ?Fétichisme? - c'est-à-dire : un déni » (C. Bormans, Da Vinci Ode). - Séminaires / ,

  • Da Vinci Code, quête du Graal et Cause freudienne -
    « Ce ?Sang réel?, donc, qui jaillit de la gorge d'Irma-Marie, ce rêve princeps, comment ne pas voir qu'il véhicule ce féminin, sacralisé, dont Freud est porteur au moment même où il se lance dans cette ?voie royale?, selon sa propre expression, qui le mène de l'interprétation des rêves et l'inconscient.
    Voilà donc l'hérésie (RSI) : Lacan ne s'y trompera pas ! L'hérétique, c'est au sens premier, quelqu'un qui a la connaissance des secrets de la religion. Ainsi, celui qui préférait les évangiles apocryphes - du grec apokruphos, ?rendu secret? -, ou non conformes à la publication de l'Empereur Constantin, était considéré comme hérétique.
    Le mot hérésie vient du grec ?airesis?, qui signifie ?choix?. En ce sens, les premiers hérétiques, ce sont ceux qui ont fait le choix de Marie-Madeleine, le choix du féminin. » (C. Bormans, 8 décembre 2005). - Séminaires

  • L'OEdipe petit nègre -
    « On veut tuer Freud mais il est déjà mort ; alors ?On? tourne en rond. Pourquoi ? Parce que maintenant qu'il est mort - et que l'on croit que ?On? l'a tué - il s'agirait justement de le bouffer : c'est ça, la théorie de Freud sur le meurtre du père !
    Mais là, il ne semble plus y avoir grand monde. On a peur de le bouffer tout cru, justement, ce cadavre du bon vieux docteur. Alors on le regarde, ce cadavre, là, juste sous nos yeux, et on dit : ça sent pas bon... J'en veux pas... J'ai pas faim... Comme quand on a cinq ans devant le plat de rognons qui nous répugne, ?On? ne sait pas pourquoi... Eh bien ?On? ira chez le psychanalyste pour le savoir, et il s'agira de demander la permission de se lever du divan avant d'avoir tout fini : ?mange ton dasein? ! Et la fin de l'analyse, précisément, c'est là où il faut mettre les bouchées doubles...
    ?On? connaît l'histoire que raconte personne dans le film du même nom : la morale y était que parfois, il vaut mieux être bien au chaud dans la merde, plutôt que de se faire bouffer tout cru. Dans l'inconscient, c'est l'inverse.
    Ulysse s'y était essayé avec le Cyclope, pour ma part, si la psychanalyse avait besoin d'un slogan publicitaire, je proposerai celui-ci :
    - Vous en avez marre d'être comme tout le monde ?
    - Vous voulez enfin être quelqu'un ?
    - Faites une analyse...
    ... Ne soyez plus personne ! » (C. Bormans, 19 novembre 2005). - Éditorial / , ,